La stratégie des as

 
Damien Snyers, Helios, 2016

Damien Snyers, Helios, 2016

Amateur de film de casse et de fantasy, si vous avez un jour rêvé d’un remake de Ocean’s Eleven où un elfe aurait volé la vedette à Brad Pitt et un troll à Georges Clooney, La stratégie des as, premier roman du jeune Damien Snyers, semble avoir été écrit pour vous.

James, elfe charismatique au verbe facile et au passé tortueux, Elise,  mi-elfe mi-humaine et Jorg, Troll plutôt loquace à la force incommensurable forment depuis leur rencontre en prison un trio inséparable. Ayant fraîchement recouvré la liberté mais refusant pour autant une vie rangée, ils vivotent tant bien que mal de petites escroqueries jusqu’au jour où, ayant été repérés par un étrange mais richissime aristocrate de la ville, ils se voient proposer une mission qui pourrait bien être leur dernière. S’ils réussissent en effet à dérober le Rein d’Isis, légendaire pierre précieuse, la récompense promise les mettrait définitivement à l’abris du besoin. En cas d’échec, par contre, l’explosion du bracelet que James a été contraint de porter le réduirait immédiatement en charpie.

Outre la curiosité de me plonger pour la première fois dans de la fantasy belge 🇧🇪 (et la couverture très réussie), ce livre m’a surtout attiré par la promesse d’un moment de détente rythmé et sans prise de tête. A ce niveau, le contrat est totalement rempli. Ca déménage, les scènes d’action s’enchaînent, on ne s’ennuie pas une seconde et c’est en outre truffé d’humour, notamment au travers de dialogues truculents.

Malheureusement, le roman souffre à mon sens de ses qualités et aurait mérité d’être épaissi d’au moins une centaine de pages, tant beaucoup d’idées, excellentes au demeurant, ne sont qu’effleurées. Nous ne saurons par exemple pas grand-chose sur un monde steampunk que l’on devine pourtant très complexe, ni sur l’usage de la magie, réservé sans que l'on sache pourquoi à quelques initiés. On devine également en filigrane des thématiques plus profondes, telles que l’acceptation de la différence, qui ne sont elles aussi que survolées.

Un roman à lire donc pour ce qu’il est, un divertissement efficace dont on ne peut qu’espérer voir l’univers approfondi dans un prochain volume.